Ce week-end on a décidé d’aller à la plage avec Léna parce que bon Cordoue c’est bien, mais la mer…ébah y’en n’a pas beaucoup par ici.
On a fait pif paf pouf sur la carte (est/sud/ouest) et comme ça a fini sur pouf on a pris le bus pour Huelva (à l’Ouest donc, mais suivez bon sang!). Petit coup d’oeil sur Internet: l’aller-retour n’est vraiment pas cher (moins de 15€) et en plus c’est la fête des gambas là-bas – mais ça on ne le savait pas et on n’y est même pas allé donc ça n’a aucun rapport, juste que j’avais envie de le dire.
Du coup on a pris le car de 15h30 vendredi. 16h45…ET LA, C’EST LE DRAME (génération de cacas mous): on s’est rendu compte que :
1/on n’avait aucun plan de Huelva
2/ on savait qu’il y avait une auberge de jeunesse là-bas mais on est parties sans prendre l’adresse exacte
3/ on avait oublié la crème solaire
Bontampi. On est des grandes filles et on va s’en sortir. Au pire on dort sur un banc. Même pas peur.
Arrivée sur Huelva, ben c’est plutôt joli, on cherche une office de tourisme pour avoir un plan mais tout est fermé – même dans la jolie rue de Plus Ultra (eh oui ça existe, notre seul regret étant que rue ne se dise pas Nec en espagnol).
Premier bon réflexe: on entre dans un tabac (pour demander s’ils vendent des plans, on est pas des dealeuses non plus) (réponse négative du vendeur)
Deuxième bon réflexe: on a l’air sociales sans doute pour une fois ce qui fait qu’un jeune (très jeune) couple ayant ouï notre appel désespéré nous propose de nous accompagner jusqu’à l’auberge. Jésus Marie Joseph nous sommes sauvées! En plus l’auberge est située dans une rue qui s’appelle comme un collègue de classe de Pigeon (la fille) (en vrai elle s’appelait Paloma, qui outre le fait de vouloir dire Colombe, se traduit aussi par Pigeon). Le monde est fou je vous dit.
Nous sommes donc arrivées à bon port après une petite heure de beaux détours et une rencontre avec ledit mec qui s’appelle comme la rue, c’est drôle la vie des fois. Nos guides ont rejoint leur chaumière en se papouillant amoureusement et nous on a posé nos affaires dans l’auberge puis nous sommes allées faire un tour en ville, visiter etc. (dans etc. j’inclus manger des montaditos en sirotant du vin, parler, manger une glace, nous perdre un peu, faire pipi, nous brosser les dents et dormir)
Le lendemain, après avoir pris un petit déj générateur de ventre de chââââtons, on a pris le bus pour Punta Umbria qui est un peu plus au Sud. Là-bas nous attendait une auberge de jeunesse plutôt géniale avec vue sur mer et quelques trente petits pas nous séparant du sable fin et blanc. Vu les circonstances on s’est allongées sur la plage jusque presque le soir, en s’arrachant au sol pour une paella le midi (la première depuis que je suis arrivée en Espagne!), et une ballade digestive accompagnée d’un ramassage de moult coquillages tropicaux. On s’est couchées comme des mamies anémiées vers 21h (!) et levées pour le p’tit déj re-à volontée puis re-plage toute la journée avec quelques conversations philosophiquement très poussées comme essayer de trouver qui est le garçon parfait dans un film ou une série (parce que bon dans la vie on fait que de nous dire que ça n’existe pas) mais on n’a pas trop trouvé, comme quoi les films c’est pas forcément plus mieux que la vie en vrai. Eh ouai, c’est pas si facile que ça d’être une fille en 2010, limite aussi chiant que en 2009 et en 2008.
Après on a réalisé que nos parents ne seront même pas à la retraite – ou à peine – quand on aura eu nos derniers enfants (avec une limite à 40 ans environ) et on a compris à quel point c’était l’arnaque d’être les aînées. Et aussi que la vie ça passe super vite en fait. Sauf qu’autour de toutes ces p’tites réflexions il y avait pas mal de vent, du coup on ressemblait un peu à des statues de sable à la fin. Malheureusement pour nous, ce sable nous a fait oublier que y avait du soleil derrière parce que ben on peut pas dire qu’il faisait très chaud. Du coup c’est au moment de secouer le sable qu’on avait collé un peu partout qu’on a réalisé a quel point on ressemblait à des gambas dont c’était la fête à Huelva…
Bref du coup on est rentrées hier soir à une heure du matin et aujourd’hui, il pleut a Cordoue et moi j’ai pas envie de travailler et il vaut mieux pas que je croise des gens là parce que j’ai une humeur qui me donne envie de donner des coups de boules rotatifs et c’est pas terrible pour mes relations sociales. Du coup je vais peut-être aller faire du caramel. Mais ça veut pas dire que je suis moins énervée, faut pas déconner.
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