Départ

Y’a tout un tas de trucs que je ne ferai pas dans ma vie. Rire avec John Lennon. Manger du Salmorejo par le nez. Ecrire un livre sur les peintres autrichiens du XVIIème siècle. Et partir d’Erasmus sans une grosse boule dans le ventre.

Ca y est, le billet de bus est acheté et les valises bouclées, je pars demain dans le car de 10h15. J’ai même lavé ma chambre malgré ma réticence première (surgie de relations mitigées avec les proprios) car chez nous, partir en laissant tout crade derrière soi revient à décapiter un chaton et offrir son sang à Satan.
Les au-revoirs ont été aussi durs que prévu mais les derniers fou-rires, les dernières discussions auraient besoin de plus d’adjectifs rigolos et d’adverbes à trois syllabes que n’importe quels autres moments d’Erasmus.

On s’est promis de se revoir, en octobre à St Caradec pour certains (!!), au printemps quand les rastas auront fleuris pour d’autres et au hasard des chemins qui s’emmêlent pour la plupart.

A la revoyure, Cordoue, tes 45°C me manqueront, et le reste encore plus !

Une Toute Petite Histoire

La vie, souvent, c’est bien. Et pourtant parfois, vraiment, la vie, ça craint.

C’est juste une petite histoire. Ca commence un jour, un jour tout con. Avec le soleil qui se lève à 6h37 et qui se couche à 21h08, avec de la mer sur la plage, des touristes à Cordoue, des Erasmus à Cabo del Gata et d’autres à Malaga. Ce genre de jour.
Ce jour-là, Silvia, ma colloc’ italienne, elle a eu mal à la tête. Mais bon le soleil toussa, puis la fatigue des Férias, bref elle ne s’est pas alarmée de suite. Mais tout de même, c’était un mal de tête bizarre et puis ces taches qui sont apparues sur ses cuisses, et la fièvre qui montait, elles ont appelé l’ambulance.
Le diagnostic tombe le soir-même : méningite. Les jours suivants elle a accumulé toutes les complications imaginables. Deux semaines après son arrivée à l’hôpital, on apprend que ses pieds et trois doigts de sa main droite sont trop touchés pour qu’elle puisse en retrouver l’usage un jour.
Avant-hier, Silvia elle a fêté ses 21 ans. Elle récupère aussi vite qu’elle peut à Malaga, elle a hâte de quitter sa chambre d’hôpital, elle teste les limites de son nouveau corps, elle essaie de comprendre comment modeler son esprit pour qu’il s’adapte à cette situation. Ils ont parlé de prothèses pour ses jambes, de retour en Italie pour fin juillet, de la “chance” qu’elle a eu de s’en sortir comme ça.
Voilà, c’est juste une histoire, une toute petite histoire, toute courte. L’enchaînement de circonstances aléatoires qui ont très rapidement dévié la trajectoire de quelques vies.

Parce que la vie, c’est vrai, ça craint des fois. Mais pourtant souvent, la vie, j’te jure Silvia, ça sera bien.

Brestois.

Kevin, Mai et Alex sont venus faire craqueler leur peau sous le soleil cordouan… Bien que les apparences soient un peu trompeuse, j’ai fait un tri dans les photos (il y en avait initialement plus de 400!)

P'tit déj au Sojo

Incontournable photo avec Maimonides

In Cordoba's streeeeeeeets

Incontournable visite de la Mosquée

Descanso

Session guitare sur les marches de la mosquée

Et chant!

Plaza de España

Alcazar

Châââââârlyyyyyyy

Illustration des p'tits mots du poète cordouan

Kevin n'est pas trop dépaysé!

Pique-Nique dans l'herbe

Palacio de Viana

Allez fait le poulet!

Alex et son nouveau sac...

Crema de Café!

Ils sont forts ces brestois!

Férias

Greet et Giorgia en plein préparatifs

Greet se coiffe pendant que Giorgia me maquille

Listas! Malheureusement on n'est pas très photogéniques, dans la réalité on avait pas mal la classe!

Si vous n’avez pas trop de mes nouvelles dans les 15 jours à venir c’est parce que là c’est les férias à Cordoba et que après Mai, Alex et Kevin viennent nous rendre visite et ça pwnz tellement que rien que d’en parler j’en ai les chakras qui sourient. On a validé une matière rien qu’en allant en cours ce qui fait qu’on est actuellement en vacances improvisées et il fait 40°C et il paraît qu’il y a un lac pas loin où se baigner. Donc voila, je suis en période de création de supers souvenirs donc je vous laisse avec un genre de playlist de ces jours-ci et je retourne profiter de la génialitude des minutes qui s’égrainent.

Réveil par l’alarme de Fabio: Devilman

Hymne de l’Inter de Milan, forcément

Soirée avec Los Aslandticos (clip tourné à Cordoue, ça fait un peu visite guidée de la Juderia du coup!) (Hey les brestois, apprenez-la par coeur avant de venir ici, obligé!)

Et me suena el run run

Puis j’ai un sentiment

Je concois que ça ne caresse pas exactement les oreilles dans le sens du poil mais comme disait mon arrière-grand-mère, quand on n’a pas ce qu’on aime, il faut aimer ce qu’on a. Et comme ces musiques constitueront la bande-son de mes futurs souvenirs maiyesques, ben je les aime bien.

Ah oui aussi, saluons ensemble la personne qui est arrivée sur ce blog en tapant: “retardateur de pilules commande”. Pas compris.

Cruzcampo

Ca fait un moment que je voulais vous montrer cette publicité qui me donne des frissons un peu partout…

Traduction?!:

Andalousie,
L’Andalousie n’est pas l’endroit où se termine l’Europe, c’est la où elle commence
C’est ni plus ni moins ici qu’a commencé le Nouveau Monde
Nous avons la mer, la campagne, la neige, le désert
Nous avons des cow-boys et même des soldats anglais (référence à Gibraltar)
Et nous avons de l’Art, beaucoup d’Art
L’andalou n’est pas un accent, c’est un espagnol entre amis
Et les blondes ne sont jamais seules, elles viennent/sont servies avec des tapas
Ici nous ne mangeons pas les tomates, nous les buvons (référence au Salmorejo)
Nos costumes ne brillent pas, ils sont faits de lumière
Et nos matchs comptent toujours un troisième temps
En Andalousie les cornes ne nous font pas peur, nous les torrerotons (!)
*** là je capte pas trop la phrase désolée, je pense que c’est un truc du genre “nous n’enlevons pas notre chemise nous l’ouvrons…” ***
Nous ne marchons pas dans la rue, nous la vivons
En Andalousie, nous n’exagérons pas, ce sont les autres qui minimisent (littéralement: qui restent courts)
Nous aimons l’huile d’olive, le jambon et les lumières/ampoules de couleur
Nous aimons l’amitié, la passion et rêver au milieu de l’après-midi
Nous aimons ceux qui sont partis et ceux qui sont restés
Nous aimons cet art, ce rire, cet orgueil, cette race (la race de cheval andalou) , ce vert, ce blanc (couleurs du drapeau d’Andalousie)
Nous, les andalous, nous aimons cette terre et nous trinquons à elle avec cette bière
Cruzcampo. Faite d’Andalousie

Los Patios: pluie de stikkles sur Cordoba!

Jusqu’à dimanche dernier on pouvait visiter des patios dans Cordoba, et c’était très bien pour notre besoin de couleurs et de légèreté sous cette pluie qui continuait à tout teindre en gris. Mais là il fait 37°C donc c’est bon!

Un chouette rosier

Y en avait des très inventifs, en remplaçant par exemple les pots par des chaussures!

En face de chez Léna, 2ème prix du plus beau balcon!

(Photos de Léna)

Un pouet a séville à Cordoue (haha, promis après j’arrête les blagues pourries)

…Et c’est sympa de trouver ces faux panneaux dans les coins de rue!

La Feria de Gambas en Huelva y Punta Umbria

Ce week-end on a décidé d’aller à la plage avec Léna parce que bon Cordoue c’est bien, mais la mer…ébah y’en n’a pas beaucoup par ici.

On a fait pif paf pouf sur la carte (est/sud/ouest) et comme ça a fini sur pouf on a pris le bus pour Huelva (à l’Ouest donc, mais suivez bon sang!). Petit coup d’oeil sur Internet: l’aller-retour n’est vraiment pas cher (moins de 15€) et en plus c’est la fête des gambas là-bas – mais ça on ne le savait pas et on n’y est même pas allé donc ça n’a aucun rapport, juste que j’avais envie de le dire.

Du coup on a pris le car de 15h30 vendredi. 16h45…ET LA, C’EST LE DRAME (génération de cacas mous): on s’est rendu compte que :
1/on n’avait aucun plan de Huelva
2/ on savait qu’il y avait une auberge de jeunesse là-bas mais on est parties sans prendre l’adresse exacte
3/ on avait oublié la crème solaire
Bontampi. On est des grandes filles et on va s’en sortir. Au pire on dort sur un banc. Même pas peur.

Arrivée sur Huelva, ben c’est plutôt joli, on cherche une office de tourisme pour avoir un plan mais tout est fermé – même dans la jolie rue de Plus Ultra (eh oui ça existe, notre seul regret étant que rue ne se dise pas Nec en espagnol).

Premier bon réflexe: on entre dans un tabac (pour demander s’ils vendent des plans, on est pas des dealeuses non plus) (réponse négative du vendeur)
Deuxième bon réflexe: on a l’air sociales sans doute pour une fois ce qui fait qu’un jeune (très jeune) couple ayant ouï notre appel désespéré nous propose de nous accompagner jusqu’à l’auberge. Jésus Marie Joseph nous sommes sauvées! En plus l’auberge est située dans une rue qui s’appelle comme un collègue de classe de Pigeon (la fille) (en vrai elle s’appelait Paloma, qui outre le fait de vouloir dire Colombe, se traduit aussi par Pigeon). Le monde est fou je vous dit.
Nous sommes donc arrivées à bon port après une petite heure de beaux détours et une rencontre avec ledit mec qui s’appelle comme la rue, c’est drôle la vie des fois. Nos guides ont rejoint leur chaumière en se papouillant amoureusement et nous on a posé nos affaires dans l’auberge puis nous sommes allées faire un tour en ville, visiter etc. (dans etc. j’inclus manger des montaditos en sirotant du vin, parler, manger une glace, nous perdre un peu, faire pipi, nous brosser les dents et dormir)

Le lendemain, après avoir pris un petit déj générateur de ventre de chââââtons, on a pris le bus pour Punta Umbria qui est un peu plus au Sud. Là-bas nous attendait une auberge de jeunesse plutôt géniale avec vue sur mer et quelques trente petits pas nous séparant du sable fin et blanc. Vu les circonstances on s’est allongées sur la plage jusque presque le soir, en s’arrachant au sol pour une paella le midi (la première depuis que je suis arrivée en Espagne!), et une ballade digestive accompagnée d’un ramassage de moult coquillages tropicaux. On s’est couchées comme des mamies anémiées vers 21h (!) et levées pour le p’tit déj re-à volontée puis re-plage toute la journée avec quelques conversations philosophiquement très poussées comme essayer de trouver qui est le garçon parfait dans un film ou une série (parce que bon dans la vie on fait que de nous dire que ça n’existe pas) mais on n’a pas trop trouvé, comme quoi les films c’est pas forcément plus mieux que la vie en vrai. Eh ouai, c’est pas si facile que ça d’être une fille en 2010, limite aussi chiant que en 2009 et en 2008.
Après on a réalisé que nos parents ne seront même pas à la retraite – ou à peine – quand on aura eu nos derniers enfants (avec une limite à 40 ans environ) et on a compris à quel point c’était l’arnaque d’être les aînées. Et aussi que la vie ça passe super vite en fait. Sauf qu’autour de toutes ces p’tites réflexions il y avait pas mal de vent, du coup on ressemblait un peu à des statues de sable à la fin. Malheureusement pour nous, ce sable nous a fait oublier que y avait du soleil derrière parce que ben on peut pas dire qu’il faisait très chaud. Du coup c’est au moment de secouer le sable qu’on avait collé un peu partout qu’on a réalisé a quel point on ressemblait à des gambas dont c’était la fête à Huelva…

Bref du coup on est rentrées hier soir à une heure du matin et aujourd’hui, il pleut a Cordoue et moi j’ai pas envie de travailler et il vaut mieux pas que je croise des gens là parce que j’ai une humeur qui me donne envie de donner des coups de boules rotatifs et c’est pas terrible pour mes relations sociales. Du coup je vais peut-être aller faire du caramel. Mais ça veut pas dire que je suis moins énervée, faut pas déconner.

Quando A Vaca Que Ri Ri… E Muuuuiiito Bom Para Ti!

Même si ça ne saute pas toujours aux yeux à la lecture de ce blog, parfois, pendant nos voyages, on en a vraiment vraiment bavé. Enfin surtout à Barcelone en fait.

Pourtant, cette fois-ci, à part le rapatriement précipité de Benoît (qui a trouvé un travail!!) tout s’est passé un peu comme dans une publicité Nutella: c’était doux, enfantin, drôle, avec des cigognes par dessus nos têtes, et la musique d’Into The Wild qui s’enclenche et tu cours nu sur la plage déserte en criant que t’es freeeee et en riant à gorge déployé – mais avec classe – pendant que la caméra filme la scène en effectuant un contre-plongé tournant du meilleur goût.

En effet, pour une fois nous n’avons pas eu de mauvaise surprise au niveau du logement (je vous recommande d’ailleurs le Residential Policarpo en cas de passage sur Evora et surtout le Johnny’s Place si vous dormez sur Lisbonne).
Et puis il y avait ce soleil qui, comme dans une chanson de Bénabar, nous avait réservé ses plus beaux rayons pour éclairer les super jolies villes que l’on traversait.
Et aussi le portugais qui ressemble un peu à de l’espagnol à la sauce russe, avec plein de ou et de ch, rendant toutes les discussions plutôt super drôles.

Sur ce, je vous laisse éplucher les photos, moi je retourne profiter de mes 30°C cordobais!

Hasta luego en el metro..

On a loué une voiture pour 3 jours, soit 50€ chacun tout compris, malheureusement ils ne louent pas aux moins de 21 ans donc ça va être un peu plus compliqué pour trouver un chauffeur la prochaine fois...

La porte de Palmas à Badajoz

Une super belle place à Badajoz

Evora

Le super hôtel où on a dormi, à Evora toujours

Lisbonne

Waouh!

Vue château... Avec Lisbonne tout autour

Une tour avec nous en dessous...

On s'est perduuuu

Puis on a chanté aussi (enfin il semblerait...)

Le Tram!

Intérieur du Tram...

Et on a fini par un petit pique-nique sur l'herbe...

L’homme est un roseau fléchi reflétant – sous la rosée – l’hiver qui, tendrement, se meurt

Ce qui serait vraiment bien c’est qu’il ne soit pas déjà 22h07; que je sois prête à partir et que je ne sois pas encore une fois en retard pour aller a la casa de 8. Dans ce monde idéal je prendrai un peu de temps pour poster quelques photos de notre voyage au Portugal (le week-end dernier) en croquant délicatement dans une tablette de chocolat au lait fourré aux amandes grillées caramélisées avec une pointe de sel – le meilleur – et en me grattant pensivement la barbe (car dans un monde idéal j’aurai une barbe poivre et sel en option que je pourrai accrocher à mes tempes dès que le besoin de penser intensément se manifesterait). Malheureusement je n’ai pas récupéré les photos pour le moment et n’ai pas de substance cacaotée sous la main, en plus une journée ne comptant pour l’instant que 24 minuscules petites heures et ayant personellement besoin d’en gaspiller au moins 6 sous la couette pour ne pas avoir l’oeil torve et un cerveau en oeuf brouillé, je peux conclure que ce monde n’est pas aussi parfait qu’il peut en avoir l’air.

Du coup en vrac et en désordre: il fait beau, il fait chaud (genre 35°C ***insérer ici le rire d’Ed – la hyène dans le Roi Lion – quand il est excité*** ), je vais courir presque tous les jours (bon pas aujourd’hui mais presque j’ai dit), l’Inter de Milan va en finale, z’imaginez pas la folie dans ma colloc du coup, j’ai pas vu le mois d’avril passer, ni l’Erasmus d’ailleurs, le mois de mai risque de moudre un mouton avec les fêtes en tout genre prévues ici, d’ailleurs les “Cruzes” ont commencé à Cordoba, y a des grandes croix rouges de fleurs un peu partout dans la ville, et des buvettes en dessous et qui dit buvettes dit attroupement de bipèdes, qui dit attroupement de bipède dit rigolage et qui dit rigolage,… …dit rigolage.

Je me permets conséquenciellement de vous réorienter vers chez Léna et Benoît afin que vous entrevoissassiez la beauté du Portugal et de sa capitale, Lisbonne, ville cruellement construite autour de sa propre absence …

Sur ce je m’en vais manger des rouleaux de printemps (recette vietnamienne, merci Mai!) avec des belges, des italiens, des anglais et Léna dans des assiettes suédoises, et qui seront sans doute aucun NON! accompagnés de boissons Andalouses mises en bouteilles en Ouzbekistan et ouvertes à l’aide d’un tire-bouchon provenant du fin fond de la toundra russse puis servies dans des mugs I LOVE MAROCO made in china.
Erasmus, à qui le tour?

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